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Sortie géologique à Etables sur mer avec Christophe Noblet le 27 septembre 2025.

La sortie comprend différents arrêts sur la plage du Moulin. Ils permettent d’aborder la majorité des thèmes du nouveau programme (B.O. 2019) :

  • La plage du Moulin à Etables sur mer : un site approprié pour les sorties scolaires SVT de la première à la terminale .
  • Nous nous sommes retrouvés à 100 mètres de la plage du Moulins d’ Etables sur mer, en compagnie du géologue Christophe Noblet et la première partie de la journée a été consacrée à des mises au point scientifiques sur la minéralogie, en attendant que le retrait de la mer rende les affleurements plus praticables.
  • L’étude de la carte de France au millionième et de sa légende nous ont amenés à réviser le cycle des roches, les silicates, les réseaux cristallins, les propriétés des différents ions , puis l’altération et l’érosion.
  • Puis, sur le terrain :
  • Les affleurements :  
  •  la série sédimentaire briovérienne située au sud de la plage :
  • Il s’agit d’une succession de grès et d’argilites à stratification subverticale un peu confuse en raison de la forte présence de plans de diaclases, appartenant à la formation de Binic, datée à -570/ 6540 millions d’années. On est en présence de turbidites, les grès massifs , très grossiers, sans litage ( A, dans la série de Bouma) , sont entrecoupés de petits niveaux argileux plissotés . Ces sédiments sont équivalents à ceux trouvés à Erquy, mais un peu plus récents et appartiennent à l’orogénèse cadomienne.
  • On rencontre successivement une faille dextre, recoupant un pli d’axe assez vertical (contrainte NW/SE). Les sédiments sont donc été plissés avant d’être recoupés.
  • La diorite de saint-Quay :
  • Au nord de la plage, les roches sédimentaires s’interrompent , en effet, on rencontre un massif de diorite . Le contact est sinueux, les sédiments transformés en cornéennes. Des enclaves de sédiments  trouvées dans la diorite sont arrondies. Ces morphologies arrondies indiquent une certaine plasticité du sédiment lorsqu’il a été recoupé par le diapir de diorite (de dimension estimée à 20×4 km) ; ces morphologies associées à la structure grenue de la diorite indiquent une mise en place à plusieurs km de profondeur, et un temps de refroidissement de l’ordre du million d’année. Au contact, certains sédiments (sans doute localement plus quartziques).
  • La diorite , bien visible dans la falaise est très altérée , en boules entourées d’arène. L’altération a suivi les diaclases croisées (dues au refroidissement du massif d’abord, puis au réajustement isostatique ensuite). On observe bien une altération plus importante en haut, sous un sol réduit, les végétaux étant enracinés directement dans l’arène. Cette diorite est issue d’un magma plutonique de marge active, associé à un volcanisme explosif. Elle appartient globalement au même massif que les formations volcaniques d’Erquy. La  subduction cadomienne serait subverticale et ainsi, à l’origine de l’ouverture d’un bassin arrière arc, auquel serait associé ces formations magmatiques et sédimentaires.
  • La sédimentation quaternaire :
  • Localement, dans une encoche de la falaise, on observe une grosse poche de sédiments quaternaires montrant une succession de lœss et de heads superposés. Le lœss, constitué de poussière de craie du crétacé, arrachée à la surface de la Manche qui était à sec et transportée par des vents catabatiques, marque des épisodes froids (niveau de la mer très inférieur à l’actuel).
  • Les heads, correspondent à du permafrost qui flue lors des périodes de dégel, donc à des épisodes de réchauffement. Ces successions marquent la cyclicité climatique.
  • Le relief :  (photo 7 MNT)
  • La plage du Moulin est située au pied d’une forte incision de la côte dans un plateau situé à une soixantaine de mètres d’altitude, par un petit ruisseau. On observe ce type de morphologie dans toute la région située au nord de Saint-Brieuc.
  • Ces incisions s’expliquent par les fortes variations climatiques quaternaires, ayant affecté le niveau marin. Ainsi, le rivage était à – 120m et à 150 km à l’ouest de Brest il y a 18 000 ans. On trouve des vestiges de troncs fossilisés à Saint Briac sur la plage (Port-Hue), des paléosols sous le haut des plages (Cancale, le verger). L’estran actuel a été couvert de forêts à certaines périodes. Les rivages ont pu de position rapidement.
  • Comme tout cours d’eau tend toujours vers sa surface de base, en incisant les reliefs et en comblant les dépressions, celle-ci devrait finir par se stabiliser. Mais cette surface de base a été modifiée par les variations d’altitude du niveau marin. Lors des interglaciaires chauds, la pente diminuant, la tendance est plutôt au comblement, et la mer monte dans les estuaires, formant abers et rias. Lors des périodes glaciaires, la pente de la rivière qui augmente est à l’origine d’incisions importantes dans les reliefs. C’est ce qui explique le relief qu’on observe.
  • Intérêt pédagogique :
  • La sortie est pertinente pour traiter plusieurs points des programmes
  • Beau profil d’altération et d’érosion
  • Variations climatiques au quaternaire
  • Magmatisme, en lien avec la subduction
  • Cycle de Wilson ( sédimentation, déformation,  intrusion magmatique ,érosion),
  • Chronologie relative :  principes de recoupement, inclusion, superposition

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